Rétrospective : récit de voyage 7
(NB : toutes les photos sont issues de prises de vues personnelles)
Pour faire suite au précédent récit, la structure de l’école en elle-même était bien conçue : nous avions un grand plateau de basket extérieur ainsi qu’un grand hall pour nous entrainer.

J’adorais me lever aux aurores pour pratiquer les exercices de Qigong et bénéficier de toutes ces bonnes énergies au lever du soleil, et apprécier aussi le calme et la tranquillité du moment.

Les jours plus froids ou mauvais, je pratiquais dans le hall, et là encore aux aurores c’était plutôt tranquille car nous n’étions pas beaucoup à nous lever très tôt, excepté Li shifu.

J’ai pu pratiquer beaucoup de formes de qigong et de bajiquan seul et parfois il m’arrivait d’en apprendre en duo.
Tous ces entrainements demandaient beaucoup d’énergie et prenaient toutes nos journées mais il était de mise de temps à autre de pouvoir sortir de l’école et aller nous aérer l’esprit, c’était le privilège qui était accordé aux étrangers à l’école. Nous profitions de ces moments pour aller dans des restaurants, des gargottes de rue ou dans des bars et c’était une bonne occasion pour nous exerçer à parler le mandarin.
Il m’est même arrivé d’aller manger au restaurant avec mon maitre.

Et comble de joie à cette période, j’ai été plusieurs fois invité à passer la nuit dans le foyer du maitre et ainsi de faire connaissance de sa femme. Nous avons échangé en mandarin, en tous cas, avec le peu de langue que je connaissais en ce temps-là mais c’étaient des moments pour moi hors du temps. Encore aujourd’hui j’ai beaucoup de reconnaissance pour tout ce qu’il m’a offert et tout ce que nous avons vécu ensemble.
Nous avons célébrer à l’école la fête de noël, avec tous les étudiant-e-s présents ainsi que les maitres. Ils avaient des efforts pour créer une ambiance en installant des décorations. Nous avions une grande tablée et tout le monde ressentait la joie de partager ce moment, qui en soi ne fait pas parti des traditions chinoises mais qu’ils intègrent aussi petit à petit.
L’hiver était très rude, et la neige tombait fréquemment. La route qui menait à l’école n’était absolument pas déblayée par de quelconques services techniques et impraticable. Là encore, la main d’œuvre fait office et nous ne manquions pas de nous joindre à la tâche. C’étaient de très bons échauffements pour débuter la journée ! Nous y passions 1h30 à 2h parfois mais là encore, la cohésion fait la force.
Nous profitions aussi de la beauté de la neige pour aller faire des balades … nous pouvions marcher sur un lac tellement gelé qu’il y a même des véhicules légers qui l’empruntaient et s’en servaient comme raccourci !
A la sortie de cet hiver, et avant de ne quitter cette école, je suis parti une semaine pour aller découvrir d’autres écoles d’arts martiaux dans l’éventualité où je souhaiterais revenir.
De Siping, dans la province de Jilin, je suis descendu en train jusqu’à Dalian par mes propres moyens et avec le peu de mandarin que je maitrisais, mais qui me suffisait tout de même à pouvoir lire certains caractères, trouver mon chemin et me renseigner auprès de locaux.
J’ai pris ici le bateau pour me rendre à Yantai dans la province de Shandong et qui fait face à Dalian. Je ne sais plus combien de temps durait la traversée mais les personnes qui n’avaient pas de cabine dormaient par terre dans la pièce commune. C’était assez folklorique je l’avoue et je voyais là une toute autre façon de vivre que la notre mais je m’y adaptais sans difficulté.
J’arrivais à Yantai et me rendit dans la partie rurale pour y trouver l’école d’arts martiaux de Kun Lun Shan.
Le confort y était un peu meilleur que l’école où j’étais mais les conditions de vie étaient tout à fait identiques. Il n’y avait pas beaucoup d’élèves à ce temps-là et je n’y suis rester que deux trois jours avant de visiter une autre école et de remonter dans le nord. Je n’étais pas plus attirer que cela pour venir y séjourner mais l’expérience du trajet a été très enrichissante culturellement et sur le plan linguistique.
Mon séjour en Chine touche à sa fin et j’ai reçu, comme d’autres élèves, mon certificat de pratique du qigong et du bajiquan lors d’une petite cérémonie de départ. Cet épisode de ma vie sera toujours dans ma mémoire comme un virage très important. J’ai vécu une année intense alors même que je trainais encore des traces d’un épuisement profond. Ce voyage comme d’autres qui suivront a été un voyage initiatique, les prémices d’une reconnexion à soi.































